Coup de cœur essai adulte
Une réflexion philosophique prenant appui sur la marche
Pascal Picq nous invite à une réflexion philosophique prenant appui sur la marche, cette activité à la fois essentielle et fondatrice qui caractérise l’être humain. Il s’inscrit dans les pas de nombreux philosophes d’Aristote à Michèle Serre en passant par Kant et Rousseau qui ont évoqué avant lui les liens entre l’activité pédestre et la pensée. Mais il aborde la question en tant que paléoanthropologue, en revenant sur les origines et spécificités biomécaniques de la bipédie. La marche apparaît alors comme à l’origine du processus d’hominisation, comme l’activité qui fait de nous des humains, qui nous spécifie dans le vaste monde du vivant. Si c’est notre nature et que nous sommes biologiquement constitués pour marcher, il apparaît néanmoins que la marche est une activité culturelle qui pourrait sembler moins essentielle ou nécessaire aujourd’hui. Les évolutions modernes de nos modes de vie nous rendent plus sédentaires ou plus enclin à utiliser des véhicules motorisés pour le moindre de nos déplacement, l’omniprésence du numérique abolit les distances et peut parfois donner l’illusion du mouvement. Dans son essai Pascal Picq nous met en garde contre cette transformation profonde qui pourrait entrainer une forme de déclin tant physique qu’intellectuel et nous invite donc, par la marche à sauver le nomade qui en nous.

